Keraguennec

Quittons Kerguiniou par la D 355. Passé la stèle qui commémore la reddition de Ramcke, nous découvrons, à l’extrémité gauche des Capucins, la batterie mortier dont le grondement des canons de 300 a marqué la mémoire des anciens.

Quelques dizaines de mètres plus loin, se dresse dans le talus un menhir, peut-être mutilé par la foudre, qui fait partie de l’ensemble de Mencaër

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L’arrivée dans le village de Keraguennec, bâti sur la hauteur qui domine le talweg de la Fraternité, est toujours saisissante. Keraguennec, c’est en quelque sorte le village entre deux mers : celle de la rade et celle de l’Iroise. A gauche, le fond de la rade, la baie et le sillon de Rostellec, l’île du Renard, la digue et les lignes de Quélern, à droite, le fort de la Fraternité, le port de Camaret, le Gouin et les falaises du Toulinguet. C’est aussi de cet observatoire remarquable que l’on mesure le mieux l’étroitesse du pédoncule de la presqu’île de Roscanvel. Que le niveau de la mer monte et nous voici habitants d’une île !

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Le village abritait dans le passé quatre à cinq familles dont les Paul et surtout les Balanec qui y habitent encore aujourd’hui, exemple surprenant de stabilité familiale depuis deux cents ans. On admira un magnifique frêne sculpté par le vent, dont l’ombre est appréciée par « Jean Mouton », une curiosité animale qui ne manque d’intriguer le promeneur. Un linteau porte le millésime 1594, année de la bataille de la pointe des Espagnols. On quitte le village pour emprunter la garenne de Ragadal où l’on franchit par un gué le ruisseau. Pendant la dernière guerre, c’est là que se mirent à l’abri des bombardements les familles de Lodoën ou de Menez-ar-Vel ; C’est là encore où les garçons venaient faire tourner des moulins en bois qu’ils construisaient avec ingéniosité. La saulaie voisine était le terrain de chasse des dénicheurs de nids de ramiers.

En descendant le long du ruisseau, on passe à proximité du pont Saint-Michel, puis on longe l’ancienne retenue qui alimentait le moulin à eau, propriété de Pierre Balch jusqu’en 1914. Il a conservé ses deux meules en silice, fabriquées à la Ferté-sous-Jouarre (Seine et Marne). L’ancienne en granite est conservée dans le village de Menez-ar-Vel où habitait le meunier qui possédait aussi un moulin à vent. De l’autre côté de la départementale, on découvre les ruines de Quimpérou.

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Ces deux moulins à eau rappellent que l’industrie meunière était florissante à Roscanvel aux XVIIIe et XIXe siècles pour satisfaire les demandes des troupes cantonnées sur la côte. Au cours de la promenade, on admirera de très belles fougères, les iris d’eau sur lesquels se reposent les demoiselles ou parfois une grenouille verte. On gagnera enfin la Fraternité où le ruisseau se jette dans la mer.

Marcel Burel