Mencaër

La presqu’ile de Crozon renferme d’autres restes d’ensembles mégalithiques, notamment Mencaër à Roscanvel. "Je ne les ai pas étudiés assez soigneusement pour les d’écrire ici. On ne peut que regretter que le commandant Devoir, de passage dans le village en 1910, n’ait pas laissé une description précise de l’alignement mégalithique dont on devine encore aujourd’hui l’importance aux menhirs déracinés, recouverts par une végétation dense.

Il semble que deux lignes aient convergé vers un affleurement naturel, la première, au sud, depuis la chapelle Sainte-Catherine, la seconde au nord, plus fournie, depuis le ruisseau qui coule en contrebas du village.
En 1920, pendant le mandat de Jacques Balch, le conseil municipal décide la construction d’une route pour désenclaver les villages de Mencaër et de Keraguennec et favoriser la circulation des automobiles.

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À l’occasion de la construction de la route qu’on a voulue large et rectiligne, les menhirs de la ligne du nord sont renversés et repoussés sur le bas-côté où ils gisent aujourd’hui encore : ceux du sud seront à leur tour déplacés dans les années soixante pour faciliter le travail des engins agricoles dans un champ d’artichauts.
Mencaër, la belle pierre, l’étymologie du nom du village garde le souvenir de cet alignement mégalithique dont on ne peut que déplorer la destruction irraisonnée. Le village possédait aussi une chapelle de quartier, placée sous le patronage de Sainte-Catherine d’Alexandrie et située en bordure du chemin qui menait à Keraguennec.

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En 1784, on y avait entreposé des canons « qui en avaient endommagé le plancher ». Elle fut vendue comme bien national au citoyen Le GalLalande de Quimper pour la somme de 725 francs. L’acte de vente indique qu’elle était entourée par un cimetière et que le desservant jouissait d’une maison et de deux champs attenants.
Au XIXe siècle, la chapelle fut un temps rendue au culte, puis désaffectée. Ses pierres furent utilisées à la construction du carrefour en contrebas de Mencaër ; d’autres servirent à la construction du mur du presbytère de Camaret. Éparses dans les murs écroulés, quelques pierres de Logonna soigneusement taillées témoignent du soin que mirent les constructeurs de la chapelle à honorer la sainte sous la protection de laquelle ils avaient placé le village.
Les chapiteaux des piliers furent transportés en 1952, à l’initiative du recteur Tuarze, sur la place de l’église ; le 5 mai 1939, le conseil municipal, à la recherche de fonds, vendit l’emplacement de la chapelle à François Keraudren, le constructeur de bateaux camarétois, qui, né à Mencaër, demeurait attaché à la chapelle. Elle n’était plus que ruines car le clocheton et la façade qui avaient résisté au temps, avaient été jetés à bas, au début du XXe siècle, au moment où l’on avait élargi le chemin de Keraguennec.

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Dans Roscanvel, de toutes parts entouré par la mer, il est agréable, de Kerguinou à Mencaër, de se promener sur un chemin ombragé par les érables et les chênes, dont les bas-côtés, selon la saison, se couvrent de primevères, de digitales ou d’iris jaunes

● Marcel Burel