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»»»1594
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Depuis 1589, les guerres de la Ligue tourmentent la Bretagne, plus inspirées par des querelles politiques et personnelles que religieuses. Les villes, les paysans, la bourgeoisie, la noblesse choisissent leur camp : on sera royalistes ou ligueurs.

 

Les premiers soutiennent Henri IV qui, héritier contesté, vient de monter sur le trône. Le gouverneur de la Bretagne, le duc de Mercoeur, a pris le parti de la Ligue, espérant peut-être rendre son indépendance à l’ancien duché.
Les deux camps, de force égale, ne peuvent prétendre l’emporter sans le renfort de forces étrangères. Le duc de Mercoeur fait donc appel à Philippe II d’Espagne qui lui envoie une armée de 7 000 soldats, commandée par Don Juan del Aguila et bientôt installée à Blavet (Port-Louis).

 

De leur côté les royalistes sollicitent Elisabeth I d’Angleterre qui leur dépêche un secours de 2 400 soldats commandés par Norris. La conversion au catholicisme d’Henri IV en 1593 aurait dû mettre un terme à la guerre, mais les deux partis, peut-être dépassés par les ambitions étrangères, ont la volonté d’en découdre.
 

En mars 1594, d’Aguila qui souhaite neutraliser le château et le port de Brest acquis aux royalistes, décide de faire construire un fort à l’extrémité de la presqu’île de Roscanvel. Il laisse sur place un contingent de 400 soldats d’élite qui, sous la direction de Thomas de Parèdes, entreprennent « de rendre la dite place forte ».

 

Le 10 octobre, l’anglais Norris arrive devant le fort. Le 18, le duc d’Aumont qui vient de prendre le commandement de l’armée royaliste, met le siège devant le fort. D’un côté 4 000 Anglais, Bretons, Français, de l’autre, 400 Espagnols décidés à ne pas se rendre. Il pleut, il vente, les soldats ont les pieds dans l’eau. On fait donner l’artillerie, on lance assaut sur assaut ; les Espagnols, forts de leur position, ne cèdent pas, tentant au contraire une sortie meurtrière.

 

Enfin le 17 novembre, l’assaut est donné à travers une brèche creusée par une mine. « Ce fut alors un massacre », écrit le chanoine Moreau. « Tous les Espagnols qui se trouvèrent là, furent tués, de tout âge et de tout sexe qu’ils fussent, car il y avait presque autant de femmes que de soldats ».
Ainsi prit fin le siège de Roscanvel qui depuis, curieusement, porte le nom des vaincus : la pointe espagnole ou la pointe des Espagnols, ce que l’on peut expliquer par l’attitude des Espagnols. 

« Pendant qu’ils se fortifiaient ainsi », témoigne encore le chanoine Moreau, « ils étaient fort doux pour les gens du pays et les priaient de leur venir vendre leurs denrées devant le dit fort, comme en une ville, en payant très bien ce qu’ils payaient… »

 

Le siège de la pointe ne fut pas pour les Espagnols la revanche de la perte de la grande Armada en 1588. Eussent-ils triomphé, c’est peut-être le destin de toute la Bretagne et de la France qui aurait pris un autre cours !

 

Il ne reste aucune trace visible du siège. Mais, pendant les travaux de 1885-1890, les ouvriers exhumèrent (face au parking actuel) les ossements des soldats espagnols qui furent transférés dans le cimetière de Roscanvel.

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