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»»»L'église Saint Éloi
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On ne peut pas manquer cette magnifique église qui se trouve face à nous en arrivant au bourg de Roscanvel. Elle date du XVII e siècle et son histoire fut marquée par les bombardements de la guerre, par un incendie en 1956 et par de nombreux travaux d’embellissement. Elle renfermait jusqu’en 2006 un véritable trésor, les vitraux d’Auguste Labouret.

 

L’histoire de l’église Saint Éloi fut émaille par de nombreux événements. Le bâtiment date du XVII ème siècle et comporte une nef rectangulaire terminée par un chevet polygonal et précédée d’un clocher. La cloche a été fondue en 1781. Après de multiples opérations de vente et de rachat, de souscriptions pour financer sa restauration, d’importants travaux purent commencer en 1874.

 

Des travaux de réfection du toit et la consolidation des murs par des contreforts et de crépi sur les façades furent entrepris à cette époque et une nouvelle cloche fût baptisée en 1879. Incendiée en en 1956, l’église fut reconstruite dans les trois années qui suivirent.

 

Dans son état actuel, on peut admirer la porte d’entrée en kersanton et son clocher de type cornouaillais qui porte à la base la date de 1690. On remarquera les statues des quatre évangélistes, également en pierre de kersanton. Autrefois entourée de son cimetière (ce qui avait provoqué la dégradation des fondations), elle a conservé deux pierres tombales de chaque côté de l’entrée latérale.

 

Dans la nef rectangulaire, dont le chœur est peu profond, on pouvait admirer jusqu’en 2006 les vitraux du célèbre verrier Auguste Labouret. Le chemin de croix en terre cuite, réalisé par Gruher, peut toujours être admiré. Au Sud d’Est de l’élise St Éloi, dissimulée sous d’immenses chênes, se trouve la fontaine éponyme.

 

En 2006, des maîtres verriers de Rennes ont remplacé les vitraux de Saint-Éloi et de crucifixion pour des raisons de sécurité. Les anciens vitraux d’Auguste Labouret ont une histoire qui commence en 1950. Cette année-là, le recteur Pierre Tuarze prend ses fonctions à Roscanvel.

Originaire de la région brestoise, nommé recteur à Roscanvel pour son premier poste, il prenait la direction d’une paroisse meurtrie par la guerre. Les paysans peinaient à remettre en culture des champs creusés par les impacts de bombes. Bien des maisons portaient les blessures de 1944, le toit de l’église avait été endommagé par des éclats d’obus.

 

 

Pierre Tuarze, enthousiaste et décidé, entreprend un vaste chantier avec le fonds de la reconstruction : le toit est changé, les boiseries intérieures sont restaurées, ainsi que les tableaux représentant Saint Éloi et Saint Pierre. Une balustrade en fer forgé pour fermer le chœur est installée et ces travaux, menés en moins de deux ans révèleront la nature profonde de Pierre Tuarze qui était un grand amateur d’art !

 

Jugeant que le verre blanc des anciens vitraux nuirait à la mise en la valeur de la nouvelle décoration, il n’hésite pas à faire appel à un maître verrier de renommée internationale : Auguste Labouret, dont une œuvre l’avait marqué quelques années auparavant. Il s’était juré de faire appel à ses services si l’occasion s’en présentait et ce fut chose faite. Il s’enquiert de son adresse parisienne pour apprendre qu’il vit à Crozon ! Après une rencontre et plusieurs devis, commande st passée pour 11 vitraux. Des subventions, des dons, des kermesses, permettront de mener à bien le projet pour lequel le maître verrier, désireux de laisser une trace dans la presqu’île, avait fait preuve d’une grande modération dans ses exigences…

 

En 5 ans, les 11 vitraux furent réalisés, ce qui constituait un ensemble unique dans l’œuvre bretonne de Labouret.

 

Mais le 03 septembre 1956, l’alerte est donnée au petit matin : les flammes dévorent déjà le toit et le choeur. Les pompiers de Camaret et Crozon sont sur place, ceux du Poulmic et même de Châteaulin viennent leur prêter main forte. Le toit s’effondre vers 7 heures et toutes les œuvres d’art rénovées par Pierre Tuarze sont anéanties.

De la restauration ne restent que les vitraux de Labouret. Même si leurs dessins se sont quelque peu estompés, mêmes si leurs couleurs se sont assombries, ils ont résisté à la chaleur comme l’avait prédit leur concepteur « Après quinze ans d’études, d’essais, d’améliorations constantes, je puis vous affirmer que ma nouvelle technique est durable pour mille ans, contre toute contraction par le froid ou de la dilatation par la chaleur »

 

Réagissant à ce terrible coup du sort, les travaux sont entrepris par le Maire et le recteur ; après expertise et estimations des dommages, ils décident de supprimer les colonnes et arcades, trop calcinées, et de faire reposer la toiture sur des arcs en béton ainsi que de conserver les vitraux. Les travaux commencés en 1957 seront achevés deux ans plus tard donnant à la nouvelle église ce mélange de tradition et de modernité qui ne manque pas de surprendre les visiteurs.

 

En 1933, Auguste Labouret avait déposé un brevet relatif au vitrail en dalle de verre cloisonnée ciment. C’est cette technique qui donnait un cachet si particulier à l’église de Roscanvel. Les dalles de verre d’une épaisseur de 3 à 4 centimètres après avoir été éclatées au marteau ont été assemblées dans un réseau de ciment armé.

 

 

Après la reconstruction qui privilégie la clarté, les vitraux, quoique altérés, faisaient toujours la joie des fidèles et des visiteurs par leur force décorative et leurs jeux de lumière, dans l’esprit de leur concepteur qui souhaitait « sculpter la lumière »

 

Mais lors de l’incendie, on se souvient que les pompiers, faute de réserve suffisante dans le bourg, puisèrent de l’eau de mer dans le port afin d’arroser les vitraux qui résistèrent ainsi à la chaleur. Au fil des ans les dommages apparurent : l’armature métallique rongée par le sel fit éclater le ciment de qualité médiocre dans ces années d’après-guerre…

 

Ils sont cependant restés en place pendant un demi-siècle, à la grande joie des admirateurs d’Auguste Labouret ; en 2006 la municipalité a dû se résoudre, soucieuse de la sécurité de ses fidèles, à les faire remplacer par des copies de l’atelier des Maîtres Verrier de Rennes. En 2014 l'Associaiton pour la Valorisation du Patrimoine à restauré le vitrail original d'Auguste Labouret avec le concours de la municipalité . Celui peut-être admiré dans l'église.

 

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